Le 6 octobre 2025, Sébastien Lecornu est devenu le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République. Après seulement 27 jours à Matignon et à peine quelques heures après avoir dévoilé son gouvernement, il a présenté sa démission à Emmanuel Macron. Une décision qui marque un nouveau tournant dans la crise politique que traverse la France depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024.
⚡ Une démission éclair
Lecornu, nommé pour incarner une rupture avec les précédents gouvernements, n’a pas réussi à fédérer les forces politiques autour de son projet. Sa tentative de composer un gouvernement de consensus s’est heurtée à des oppositions internes, notamment de la droite républicaine, irritée par la reconduction de figures emblématiques de la macronie comme Bruno Le Maire aux Armées. Le socle commun, fragile coalition imaginée pour stabiliser l’exécutif, a volé en éclats.
🧩 Les raisons d’un échec
Plusieurs facteurs ont précipité cette démission :
- Absence de majorité à l’Assemblée nationale : Lecornu n’a jamais disposé d’un soutien parlementaire solide.
- Composition contestée du gouvernement : jugée trop proche des précédents exécutifs, elle a déçu les attentes de renouvellement.
- Pressions internes : Bruno Retailleau, reconduit à l’Intérieur, aurait exprimé son mécontentement, notamment face au retour de Bruno Le Maire.
- Menace de censure : le PS et le RN envisageaient une motion de censure imminente.
🗣️ Une dernière mission avant le départ
Malgré sa démission, Emmanuel Macron lui a demandé de mener d’ultimes négociations avec les forces politiques jusqu’au 8 octobre. Objectif : éviter une dissolution de l’Assemblée et parvenir à un compromis sur le budget 2026 et l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Lecornu a salué une « convergence » entre partis, mais les divisions restent profondes.
🔮 Et maintenant ?
La crise politique s’intensifie. Élisabeth Borne, ancienne Première ministre, s’est dite ouverte à une suspension de la réforme des retraites, geste en direction de la gauche. Certains appellent à nommer une personnalité issue de la société civile à Matignon pour apaiser les tensions. D’autres, comme le RN et LFI, réclament une dissolution pure et simple.



