Jérôme Lavrilleux : révélations sur les dérives financières des campagnes présidentielles

Dans un entretien accordé à Mediapart, Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, revient sur les coulisses du financement politique en France. Au cœur de ses révélations : l’affaire Bygmalion, les failles du système de contrôle, et une critique frontale de l’hypocrisie institutionnelle qui entoure les campagnes électorales.

💸 L’affaire Bygmalion : un système de fausse facturation

Lavrilleux détaille comment la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 a largement dépassé le plafond légal de dépenses (22,5 millions €), atteignant près du double. Pour masquer ces excès, l’entreprise Bygmalion aurait émis des factures minorées, tandis que l’UMP aurait payé 16 millions € pour des conventions fictives. Il insiste sur le fait que ces dépenses étaient bien réelles, mais volontairement dissimulées.

🕵️ Une législation dépassée et un contrôle inefficace

Selon Lavrilleux, la Commission nationale des comptes de campagne ne vérifie que les recettes des partis, pas leurs dépenses. Il dénonce un système volontairement flou, conçu pour être inefficace :

« Si vous créez un gendarme sans lui donner les moyens d’enquêter, vous créez un gendarme pour faire plaisir au public. »

🧾 Propositions de réforme : transparence et financement public

Lavrilleux propose plusieurs pistes pour assainir le financement des campagnes :

  • Augmenter le plafond des dépenses à 42 millions € pour le second tour.
  • Supprimer les dons privés et financer intégralement les campagnes par l’État.
  • Publier les dépenses de chaque candidat à J+2 pour garantir une transparence immédiate.

🧳 Soupçons sur la campagne de 2007 : le cash libyen ?

Il évoque des confidences reçues en 2012 sur des primes en liquide versées après la présidentielle de 2007. Bien qu’il ne soit pas impliqué, il souligne la culture du cash dans certaines équipes et les soupçons de financement libyen qui pèsent sur cette période.

🇫🇷 Une hypocrisie démocratique persistante

Lavrilleux critique le plafond actuel de 22 millions €, qu’il juge irréaliste pour une campagne nationale. Il compare avec les États-Unis, où les candidats dépensent jusqu’à 7,5 $ par électeur, contre 0,45 € en France. Il appelle à sortir de l’hypocrisie et à garantir une égalité réelle entre les candidats.

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